Résumé
PEEK, PA6G, POM et PTFE sont quatre plastiques techniques usinables aux profils très différents. Aucun n’est meilleur qu’un autre dans l’absolu, chacun répond mieux à un jeu de contraintes précis : température, environnement chimique, friction, humidité, budget. Ce guide compare ces quatre matières sur ces critères et propose une grille de décision pour choisir la bonne selon votre application.

Quatre plastiques techniques, quatre profils différents
Le PE, le PVC et le PMMA couvrent une large part des besoins courants en usinage plastique, notre article Matériaux pour l’usinage plastique : PE, PVC, PMMA le détaille. Dès que le cahier des charges devient exigeant, haute température, environnement chimique agressif, frottement continu ou humidité, ces matières courantes atteignent leurs limites. Quatre plastiques techniques prennent alors le relais, chacun avec un point fort qui n’est pas celui des autres : le PEEK pour la résistance mécanique et thermique extrême, le PTFE pour l’inertie chimique et la faible friction, le POM pour l’équilibre glissement/précision, le PA6G pour la résistance à l’usure et aux chocs sur des pièces de forte section.
Ce guide ne reprend pas les fiches produit de chaque matière (disponibles sur nos pages PEEK et PA6G), mais les compare directement entre elles pour vous aider à trancher.
Tenue en température : quel plastique pour les environnements chauds ?
Sur ce critère, PEEK et PTFE se détachent nettement des deux autres. Le PEEK conserve ses propriétés mécaniques jusqu’à environ 250 °C en service continu, avec des pointes ponctuelles plus élevées. Le PTFE couvre une plage de température exceptionnellement large, de -200 °C à +260 °C, mais avec une nuance importante : sous charge mécanique, sa résistance se dégrade plus vite que celle du PEEK à température égale, ce qui en fait un excellent isolant thermique et un mauvais candidat pour une pièce structurelle chaude et chargée.
Le PA6G et le POM se situent nettement en retrait sur ce critère, avec une température de service continue plutôt de l’ordre de 90 à 120 °C. Pour une pièce mécanique classique qui ne dépasse pas cette plage, ce n’est pas un désavantage : cela évite simplement de payer le surcoût d’une matière haute performance là où elle n’apporte rien.
| Matière | Température de service continue (ordre de grandeur) |
| PEEK | Jusqu’à environ 250 °C |
| PTFE | -200 °C à +260 °C (résistance mécanique réduite sous charge en haute température) |
| PA6G | Environ 100 à 120 °C |
| POM | Environ 90 à 100 °C |
Valeurs indicatives issues de fiches matières sectorielles, à confirmer selon le grade exact retenu.
Résistance chimique, usure et friction : quel matériau pour quel environnement ?
Le PTFE domine largement sur la résistance chimique, avec une inertie quasi universelle face aux acides, bases et solvants, et un coefficient de frottement très faible qui le rend naturellement autolubrifiant. C’est le choix de référence pour les joints, bagues de glissement et pièces en contact direct avec des fluides agressifs. Sa contrepartie : une résistance mécanique modeste, qui limite son usage aux pièces peu ou pas chargées structurellement.
Le PEEK offre une bonne résistance chimique, nettement inférieure à celle du PTFE sur les cas les plus extrêmes, mais combinée à une résistance mécanique et une rigidité que le PTFE n’a pas, proche de certains métaux légers. C’est ce qui permet au PEEK de remplacer des pièces métalliques dans des environnements chimiques et thermiques combinés.
Le POM se distingue par un excellent compromis glissement/précision : faible coefficient de frottement, bonne stabilité dimensionnelle, ce qui en fait une matière de choix pour les pièces mécaniques de précision soumises à un frottement continu (engrenages, galets, pièces de guidage). Il reste toutefois sensible à certains acides concentrés.
Le PA6G offre une bonne résistance à l’usure et aux chocs, avec des propriétés de glissement correctes sans atteindre celles du POM, et convient bien aux pièces mécaniques de forte section soumises à des sollicitations répétées (galets de convoyeurs, poulies, patins de glissement).
Sensibilité à l’humidité : un critère à ne pas négliger
Sur ce point, le PA6G se distingue nettement des trois autres matières : il absorbe l’humidité ambiante, ce qui modifie ses dimensions et ses propriétés mécaniques dans le temps. Ce n’est pas rédhibitoire, la plupart des applications mécaniques s’en accommodent, mais c’est un paramètre à intégrer dès la conception si la pièce doit tenir une tolérance serrée en milieu humide.
Le POM, le PTFE et le PEEK présentent tous les trois une absorption d’humidité faible et une bonne stabilité dimensionnelle dans le temps, ce qui simplifie leur usage sur des pièces exigeantes en tolérance. Notre guide sur les tolérances en usinage plastique détaille l’impact concret de l’humidité et de la dilatation thermique sur la cotation d’une pièce plastique.
Quelles applications sectorielles pour chaque matière ?
| Matière | |
| PEEK | Aéronautique, médical, pétrochimie : pièces structurelles en environnement chaud et chimique |
| PTFE | Pharmaceutique, agroalimentaire, chimie : joints, bagues de glissement, pièces au contact de fluides |
| POM | Agroalimentaire, mécanique de précision : engrenages, pièces de guidage, composants de précision |
| PA6G | Maintenance industrielle, convoyage, ferroviaire : galets, poulies, patins de glissement |
Comment choisir entre ces quatre matières pour votre projet ?
Cinq critères, dans cet ordre, permettent de resserrer le choix rapidement.
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Température de service
Au-delà de 150 °C en continu, seuls le PEEK et le PTFE restent pertinents ; en dessous, POM et PA6G suffisent généralement.
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Environnement chimique
En présence d’acides, de bases ou de solvants agressifs, le PTFE reste la référence, suivi du PEEK.
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Sollicitation mécanique
Pour une pièce structurelle chargée, le PEEK l’emporte nettement sur le PTFE, dont la résistance mécanique reste limitée.
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Frottement continu et précision
Le POM offre le meilleur compromis glissement/stabilité dimensionnelle pour des pièces de précision.
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Exposition à l’humidité
Si la pièce doit tenir une tolérance serrée en milieu humide, écarter le PA6G au profit du POM, du PTFE ou du PEEK.
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Le budget vient ensuite arbitrer entre les matières qui répondent également au cahier des charges technique : le PEEK reste sensiblement plus coûteux que les trois autres, à réserver aux applications où ses propriétés sont réellement nécessaires.
Choisir la matière avant de dessiner la pièce
Le choix de la matière conditionne directement ce qui est réalisable en conception et en usinage, tolérances atteignables, épaisseurs de paroi, traitement des zones de frottement. Le trancher tôt, avant de figer le plan, évite des reprises coûteuses.